Endométriose : bouger ou pas pendant une crise ?
- Laura Codoul
- 22 janv.
- 5 min de lecture
Une crampe qui vrille le ventre, l’énergie en chute libre... En pleine crise d’endométriose, on a parfois envie de tout sauf de bouger.
Faut-il malgré tout enfiler ses baskets ou dérouler son tapis de yoga ? Ou bien est-ce que la meilleure option reste de se blottir en boule avec sa bouillotte ?
Spoiler: il n’y a pas de réponse toute faite – juste la vôtre, celle dictée par votre corps et vos besoins du moment. Voyons comment sport et endométriose peuvent (ou non) faire bon ménage, sans tabou ni injonction.
L’endométriose, une douleur (enfin) prise au sérieux...
D’abord, rappelons-le : l’endométriose n’est pas “dans la tête”. C’est une maladie bien réelle, causée par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus, provoquant une inflammation chronique et des douleurs parfois intenses. Elle touche environ une femme sur dix – possiblement plus, beaucoup de cas n’étant pas diagnostiqués tout de suite. Pendant des années, cette souffrance a été minimisée (« c’est normal d’avoir mal pendant les règles », qu’ils disaient…).
Résultat, il fallait en moyenne 7 ans pour mettre un nom sur ces douleurs – sept ans ! – et beaucoup de femmes ont cru à tort qu’elles étaient simplement douillettes. Heureusement, les choses bougent : depuis 2022, la France a lancé une stratégie nationale pour mieux informer, diagnostiquer et prendre en charge l’endométriose. On en parle enfin ouvertement, et il était temps pour un mal qui empoisonne la vie de tant de femmes.
En bref : vous n’exagérez pas, votre douleur mérite écoute et respect – y compris dans le milieu du sport.
Bouger pour apprivoiser la douleur 💜
Alors, le sport peut-il réellement aider quand on souffre d’endométriose ?
La bonne nouvelle, c’est que oui : de plus en plus d’experts le reconnaissent. Le Ministère des Sports lui-même qualifie l’activité physique régulière d’« alliée importante » pour les femmes atteintes, car elle permet de réduire la douleur, la fatigue et le stress liés à l’endométriose. En clair, bouger (un peu, beaucoup, à la folie…) peut apporter de vrais soulagements.
Pourquoi ? Lorsqu’on fait du sport, le corps libère des endorphines, ces fameuses hormones du bonheur qui agissent comme de la morphine naturelle. Résultat : un effet antalgique qui aide à atténuer la douleur. D’ailleurs, des études suggèrent que quelques semaines d’activité physique adaptée suffisent à faire baisser l’intensité des douleurs pelviennes liées à l’endométriose.
Et ce n’est pas tout : bouger régulièrement aide aussi à lutter contre le stress chronique et la fatigue, à améliorer la circulation et même à réduire l’inflammation dans le corps. En somme, le sport redonne du mouvement là où la maladie a tendance à figer et enflammer – or « un organe qui ne bouge pas est un organe qui fait mal ».
Parmi les bienfaits possibles d’une activité physique modérée lorsqu’on a de l’endométriose, on trouve par exemple :
Moins de douleurs grâce aux endorphines et à la mobilisation en douceur du corps (le mouvement aide à soulager les douleurs chroniques) ;
Moins de stress et plus de moral – le sport réduit l’anxiété et booste le cerveau avec des hormones du bien-être, de quoi contrer la déprime qui accompagne souvent les douleurs chroniques ;
Un meilleur sommeil : en bougeant, on se fatigue sainement et on libère des tensions, ce qui favorise un repos de qualité (au passage, moins de douleurs = moins d’insomnie, un cercle vertueux) ;
Moins d’inflammation et un ventre plus heureux : l’activité régulière aurait un effet anti-inflammatoire global et améliore la mobilité des organes internes, aidant ainsi à réduire les symptômes digestifs (ballonnements, constipation) fréquemment associés à l’endométriose.
En bref, le mouvement peut devenir un véritable outil pour apprivoiser la douleur. Et même si sur le moment on a l’impression que bouger est insurmontable, ça vaut le coup d’essayer un tout petit peu : ne serait-ce qu’une marche de 10 minutes ou quelques étirements, pour voir si cela vous fait du bien.
On évite ainsi de tomber dans le cercle vicieux « plus j’ai mal, moins je bouge… et moins je bouge, plus j’ai mal ». Au contraire, en bougeant à son rythme, on transforme ce cercle vicieux en cercle vertueux : un pas après l’autre vers le mieux.
À chacune son rythme, zéro pression !
Attention toutefois : ce n’est pas parce que le sport peut aider qu’il faut se sentir obligée de faire un marathon en pleine crise !
Pas d’injonction ici, juste du cas par cas. L’endométriose est différente pour chacune, et vous êtes la mieux placée pour savoir ce qui vous fait du bien ou non.
Parfois, la crise est telle que le seul sport envisageable, c’est le décathlon du canapé – et c’est parfaitement OK. Repos, chaleur, cocooning, sont alors vos meilleurs alliés.
D’autres fois, bouger un peu vous soulagera : à vous de voir, en écoutant votre corps. Quoi qu’il arrive, l’essentiel est de rester à l’écoute de vos sensations : si vous en faites trop ou de façon inadaptée, vous risquez de vous blesser ou d’accentuer les symptômes de la maladie. Donc on oublie le « no pain no gain » mal placé : ici, ce serait plutôt « no pain, ça y est gain » – pas de douleur, c’est déjà une victoire !
Astuces pour bouger sans se brusquer pendant les crises : et si on adaptait nos activités ? Par exemple, remplacer son jogging par une marche tranquille au grand air, pour dérouiller le corps en douceur. Tester une séance de yoga doux ou de Pilates axée sur la respiration et les étirements, quitte à rester en posture de l’enfant la moitié du temps si c’est tout ce qui passe (personne ne vous jugera, promis !). Vous pouvez aussi essayer de nager ou faire de l’aquagym si vous avez accès à une piscine : l’eau porte le corps et soulage les tensions (d’ailleurs l’aquagym est souvent recommandée aux femmes atteintes d’endométriose). Même danser mollo dans votre salon sur votre musique favorite compte comme du mouvement – et ça remonte le moral.
Et si vraiment rien de tout ça n’est envisageable sur le moment, ne culpabilisez pas : votre corps n’est pas fainéant, il gère déjà une bataille interne contre l’inflammation.
Accordez-vous du repos sans complexe, pour mieux repartir plus tard.
Ensemble, plus fortes 💪
En résumé, bouger ou pas pendant une crise, c’est vous qui décidez. Il n’y a pas de « bonne » réponse universelle, juste celle qui respecte votre corps et ce dont il a besoin ici et maintenant.
L’endométriose impose ses règles (sans mauvais jeu de mots), mais vous avez le droit de réécrire les vôtres : un jour ce sera Netflix + bouillotte, un autre ce sera petite séance de yoga ou footing léger, et dans tous les cas ça ne fait pas de vous une warrior moins méritante. Chaque petit pas compte, y compris celui de se reposer pour mieux revenir dans le game ensuite.
Et n’oublions pas : vous n’êtes pas seule. D’autres femmes traversent la même épreuve, et ensemble on peut se soutenir et s’encourager.
C’est justement pour ça que TakeOff.Girls existe : créer une sororité sportive où l’on peut se confier sans tabou, adapter l’effort à nos réalités, et avancer côte à côte.
Ici, pas de jugement si vous venez au cours en mode fatiguée ou si vous devez faire une pause en plein milieu d’une séance – on sait ce que c’est.
L’important, c’est de bouger quand vous le pouvez et comme vous le souhaitez, dans la bienveillance. Alors, prête à rejoindre le mouvement à votre rythme ?
On vous attend, bouillotte sous le bras si besoin, et le sourire aux lèvres.
Ensemble, on ne lâche rien ! 🚀
Sources : L’endométriose et l’activité physique (Ministère des Sports); Guide En mouvement avec l’endométriose (EndoFrance); Article ANR – Endométriose : et si l’exercice soulageait ?; Blog CAREA – Endométriose et sport.



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