Mathilde Géron, la trésorière de takeOff.Girls et responsable du groupe voile ⛵️
- il y a 4 jours
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Navigatrice professionnelle, olympienne, maman, passionnée de mer et d’aventure… Mathilde Géron fait partie de ces femmes qui avancent toujours avec énergie et authenticité.
C'est ensemble que nous avons créé cette belle association takeOff.Girls. Elle accompagne l’association en tant que trésorière, organisatrice, logisticienne de l'ombre... et prend aujourd’hui une nouvelle responsabilité en lançant le groupe voile.
Entre souvenirs des Jeux olympiques, vie à cent à l’heure, passion de la transmission et amour du large, Mathilde nous ouvre les portes de son univers avec spontanéité et sincérité.

Mathilde Géron, peux-tu te présenter en quelques mots pour celles et ceux qui ne te connaissent pas encore ?
Mathilde, 40 ans (et oui, ça fait mal au moral ;-)), mais toujours 25 ans dans ma tête. Je suis plutôt hyperactive. Mon mari passe son temps à me dire que les journées ne durent que 24 heures et que ça ne rentrera jamais ! J’ai la joie de vivre et je préfère voir la vie avec un verre à moitié plein qu’à moitié vide ;-)
J’habite à Pornichet avec mon mari et mes deux filles de 5 et 9 ans, et d’ailleurs nous avons beaucoup de chance d’habiter dans ce chouette coin.
Après le bac, j’ai intégré l’École de la Marine Marchande au Havre, mais aujourd’hui je passe beaucoup plus de temps sur l’eau pour des activités nautiques et la voile que pour la marine marchande.
Je suis amoureuse de la mer et de la nature. Un peu (beaucoup) addict au sport, quel qu’il soit. J’aime découvrir sans cesse de nouvelles choses. La routine m’angoisse, j’aime quand ça bouge, tout le temps.
J’aime faire plaisir à mes proches, j’aime l’humain, voyager, partir à l’aventure, l’adrénaline, partager de bons moments avec les copains, les apéros coucher de soleil sur la plage, bien manger, faire toutes sortes d’activités avec mes filles. Et enfin, j’aime les moments à quatre, même si faire coïncider nos quatre emplois du temps n’est souvent pas simple.
Comment la voile est-elle entrée dans ta vie ?
Un peu par hasard. Mes parents avaient acheté une maison au Havre, en Normandie, et l’été, pour avancer plus rapidement dans les travaux, avec mes frères nous faisions plusieurs stages de différents sports.
Un jour, ils m’ont inscrite à un stage de voile à l’âge de 7 ans, en Optimist. Il paraît que j’ai aimé ;-)
À l’issue du stage, j’ai commencé la voile à l’année, puis deux fois par semaine, puis les premières compétitions… L’engrenage était lancé. Tout est allé très rapidement, je n’ai pas vu passer les années.
À quel moment as-tu compris que ce sport allait prendre une place majeure dans ton parcours ?
Je ne m’en suis pas vraiment rendu compte. J’étais dans la spirale du haut niveau, avec un objectif de performance toujours plus haut devant moi.
Au collège, je faisais plus de 20 heures de sport par semaine uniquement pour la voile, entre les navigations et la préparation physique.
Quels souvenirs gardes-tu de ton expérience olympique en 2012 ?
Des moments exceptionnels qui passent toujours trop vite. Beaucoup de frustration aussi.
Des athlètes super… d’autres beaucoup moins. La pression de porter les couleurs de ton pays sur les épaules. Les médias pas toujours bienveillants avec toi.
C’est une aventure humaine gravée pour la vie, avec des sélections très, très difficiles puisqu’il n’y a qu’une seule place par pays.
Qu’est-ce que le haut niveau t’a appris humainement et professionnellement ?
Le sport de haut niveau endurcit et apprend énormément la résilience, surtout quand tu rates une médaille olympique à un seul petit point.
Il m’a aussi appris à être capable d’être sur plusieurs fronts en parallèle. Toute ma vie étudiante, depuis le collège, j’ai été sportive de haut niveau, en déplacement aux quatre coins du monde, à travailler mes cours après une journée de Coupe du monde.
Puis, quand tu entres dans la vie professionnelle et que tu essayes de tout faire rentrer dans les cases de ton planning, il n’y a plus du tout de temps mort.
Quels ont été les plus grands défis de ta carrière de navigatrice professionnelle ?
Les grosses épreuves internationales, les Jeux olympiques bien sûr, les traversées de l’Atlantique…
Mais surtout le fait de réussir à fonder une famille malgré des vies atypiques et à 200 à l’heure. Mon mari est également marin et travaille énormément.
Réussir à élever nos filles dans de bonnes conditions, je crois que c’est aujourd’hui ce dont je suis le plus fière.
Y a-t-il une course ou un moment en mer qui t’a particulièrement marquée ?
Les levers et couchers de soleil au milieu de l’océan, seule au monde. Ce sont toujours des moments particuliers dans une journée en mer.
Le jour où nous avons failli percuter une baleine pendant une course à la voile.
Les moments entourés de dauphins sur un bateau sont toujours magiques.
Et puis les nuits noires, vraiment noires, sans lune ni étoiles, où tu ne vois même plus l’horizon.
L’aventure takeOff.Girls
Tu fais partie de l’aventure takeOff.Girls depuis le début : qu’est-ce qui t’a donné envie de t’engager dans ce projet ?
Nous étions en période post-Covid et, à plusieurs reprises, en discutant avec des femmes à Pornichet, revenaient des phrases comme :“Je n’ose pas venir seule”, “Je ne connais personne”, “Je voudrais faire du sport mais je ne sais pas où aller”, ou encore “J’aimerais rencontrer du monde”.
Nous nous sommes dit qu’il y avait quelque chose à créer pour rassembler, partager et permettre aux femmes de sortir de leur quotidien.
Comment as-tu vu évoluer l’association depuis sa création ?
Le chemin parcouru depuis le début est plutôt beau, et les adhérentes nous le rendent bien.
Même si nous avions déjà beaucoup d’idées en tête, nous sommes parties d’une page blanche. Il a fallu trouver un nom, écrire des statuts, aller voir la banque, la mairie…
D’ailleurs, un grand merci à la Ville de Pornichet qui met à notre disposition de très belles salles pour dispenser nos cours.
Qu’est-ce qui te rend la plus fière dans cette aventure collective ?
Les sourires des adhérentes !
Et les retours positifs que l’on reçoit :“C’est vraiment trop bien tout ce que vous proposez !”
Ce genre de retours fait du bien à nos petits cœurs, car nous sommes sur du bénévolat pur. Parfois, la to-do list est longue, et le soir nous pourrions gagner plusieurs heures de sommeil…
Mais cette association, ce bébé qui commence à grandir très fort, fait plaisir à plus d’une centaine d’adhérentes et fait aussi travailler plus d’une dizaine d’intervenantes.
On se sent investies d’une mission : faire les choses du mieux possible.
La voile au sein de takeOff.Girls
Tu prends désormais la responsabilité du groupe voile : qu’est-ce que cela représente pour toi ?
Transmettre ma passion aux filles, leur faire découvrir mon univers.
Quand tu es sur l’eau, tu te vides la tête. En général, c’est une forme de thérapie — ou de reset — où l’on laisse tous les soucis à terre.
Pourquoi était-il important d’intégrer la voile dans les activités et projets de takeOff.Girls ?
Habiter à Pornichet et ne pas proposer d’activités nautiques aurait été bien dommage.
Je n’ai pas personnellement de bateau sur lequel je peux emmener du public, donc nous allons essayer de faire au mieux avec les acteurs locaux.
Qu’aimerais-tu transmettre aux participantes à travers cette discipline ?
Le bien fou que procure le fait d’être sur l’eau.
Selon toi, que la voile peut-elle apporter aux femmes, au-delà du sport ?
Sortir de sa zone de confort, affronter ses peurs, oser venir apprendre même avec un niveau zéro.
La cohésion d’équipe, le fait de partager ensemble une expérience un peu exceptionnelle et parfois loin de la routine du quotidien.
Est-ce que ce groupe sera accessible aussi bien aux débutantes qu’aux navigatrices expérimentées ?
Bien sûr !
Il faut venir si vous sentez en vous l’appel de la mer, même avec un niveau zéro. Aucun problème.
Quels types d’expériences ou d’événements aimerais-tu développer autour de la voile ?
Le premier objectif est de passer du temps sur l’eau et d’apprendre, du niveau débutant jusqu’à la préparation à la régate.
Comme je le disais plus haut, nous allons essayer de faire au mieux avec les acteurs locaux.
Nous pourrons proposer :
de la voile légère en catamaran,
de la voile habitable en équipage (4 équipières + moi),
des formations à la croisière sur un grand catamaran,
des navigations à la journée ou à la demi-journée,
des apéros aux Évens en catamaran ou en semi-rigide.
Je peux également faire du coaching avec des femmes qui auraient leur propre bateau.
Et pour toute demande particulière, ne pas hésiter à me demander ;-)
À travers son parcours hors norme, Mathilde Géron incarne parfaitement l’esprit de takeOff.Girls : oser, transmettre, partager et embarquer les autres dans l’aventure.
Avec le lancement du groupe voile, c’est une nouvelle expérience qui s’ouvre pour les adhérentes : apprendre à naviguer, sortir de sa zone de confort, respirer le large… mais surtout vivre des moments forts ensemble.
Une chose est certaine : avec Mathilde à la barre, l’aventure ne fait que commencer.



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